Je lance la recherche SERP et la vérification des faits réglementaires avant d’écrire.Un consultant SEO qui facture 1 000 € par mois à cinq clients et un traffic manager qui refacture 12 000 € de budget Meta Ads ont exactement la même obligation légale au 1er septembre 2026, et pas du tout le même problème d’outil. La réception des factures électroniques via une plateforme agréée devient obligatoire à cette date pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, franchise en base comprise. L’émission, elle, attend le 1er septembre 2027 pour les TPE et les micro-entreprises.
La conformité n’est donc plus un critère de sélection : plus de 140 plateformes sont agréées, et à peu près toutes savent produire un Factur-X valide. Le choix d’un outil de facturation électronique quand on est freelance en webmarketing se joue ailleurs, sur trois mécaniques propres au métier : le temps passé par mission, les forfaits mensuels récurrents et le sort fiscal du budget publicitaire que vous avancez pour vos clients.
Ce que la réforme change réellement dans votre quotidien
Deux échéances, deux obligations distinctes. Les confondre coûte cher parce que la première tombe dans quelques semaines.
| Échéance | Ce que vous devez pouvoir faire |
|---|---|
| 1er septembre 2026 | Recevoir les factures de vos fournisseurs via une plateforme agréée. Toutes les entreprises, sans exception de taille |
| 1er septembre 2027 | Émettre vos factures B2B françaises au format structuré et transmettre vos données d’e-reporting |
L’inscription à l’annuaire central ne se demande pas directement. Vous choisissez une plateforme agréée, elle vous y enregistre et vous attribue une adresse de réception. Sans cette étape, un fournisseur qui vous facture après le 1er septembre 2026 n’aura tout simplement aucune adresse où router sa facture.
La franchise en base de TVA ne change rien. Un micro-entrepreneur en BNC qui facture 30 000 € par an reste assujetti au sens fiscal, donc concerné.
Côté sanctions, la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a relevé les montants prévus à l’article 1737 du CGI. L’amende passe de 15 € à 50 € par facture non émise au format électronique, plafonnée à 15 000 € par année civile. Une transmission d’e-reporting manquante coûte 500 €, avec le même plafond. Une tolérance existe : la sanction ne s’applique pas en cas de première infraction sur l’année en cours et les trois précédentes, si vous régularisez spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l’administration.
Plateforme agréée ou solution compatible, la vérification qui prend deux minutes
Deux statuts coexistent et ils ne vous engagent pas de la même façon. Une plateforme agréée (PA) est immatriculée directement par la DGFiP, pour trois ans renouvelables. Une solution compatible (SC) est un logiciel conforme qui s’appuie sur une PA partenaire opérant en arrière-plan.
Freebe le dit lui-même sur son blog : la société s’est déclarée solution compatible, connectée à une plateforme agréée partenaire, et son nom n’apparaît pas sur la liste des opérateurs immatriculés. Ce n’est pas disqualifiant, vos factures partiront quand même au bon format. Mais le contrat que vous signez ne porte pas sur la même chose, et le jour où vous voudrez changer de crémerie, la portabilité se négocie avec l’opérateur immatriculé, pas avec l’interface que vous voyez.
La liste officielle des plateformes agréées est publiée et mise à jour chaque mois par la DGFiP sur impots.gouv.fr, avec la mention du statut définitif ou sous réserve. Le détail plateforme par plateforme, avec les tarifs et les périmètres réellement couverts, est suivi ici sur Ma Facture Électronique. Avant de payer un abonnement, cherchez le nom exact de l’éditeur dans cette liste : une immatriculation sous réserve ne suffit pas encore à couvrir vos obligations.
Sachez enfin que vous n’êtes pas marié à votre choix. La loi de finances 2026 impose une période de portabilité d’au moins douze mois lors d’un changement de plateforme. La bascule passe par une demande formelle entre opérateurs, rarement en libre-service.
Quel outil pour quel modèle de facturation en webmarketing
Cinq solutions couvrent l’essentiel des situations. Elles se différencient moins sur la conformité que sur ce qu’elles font de vos missions.
| Votre façon de facturer | Mon choix | Ce qu’il apporte de spécifique |
|---|---|---|
| TJM et forfaits, missions cadrées | Freebe | Suivi du temps inclus dans toutes les offres |
| Missions multiples, besoin de piloter | Abby | Projets, tâches et suivi du temps dans le même outil |
| Retainers mensuels | Qonto | Factures récurrentes et prélèvement SEPA automatique |
| Priorité au minimum administratif | Indy | Plateforme agréée gratuite, comptabilité automatisée |
| SASU, dépenses SaaS, expert-comptable | Pennylane | Analytique, API, comptabilité collaborative |
Freebe, pour savoir quel client vous rapporte vraiment
Le point fort n’est pas la facture, c’est le chronomètre. Freebe intègre un suivi du temps relié au catalogue clients et aux tarifs, ce qui permet de refacturer les plages travaillées sans ressaisie.
Concrètement, quand vous vendez un audit SEO 1 500 €, un accompagnement mensuel 800 € et deux journées ponctuelles à 500 €, vous découvrez enfin lequel de ces trois revenus survit une fois le temps réel déduit. Un accompagnement à 800 € qui consomme 18 heures par mois, cela fait 44 € de l’heure, très loin d’un TJM affiché à 500 €.
Le tarif micro-entreprise est de 12,50 € par mois en paiement annuel, soit 150 € TTC, avec toutes les fonctions incluses quel que soit le palier. Trente jours d’essai sans carte bancaire. Rappel du point précédent : Freebe est une solution compatible, pas une plateforme immatriculée en nom propre.
Abby, quand la facturation sert aussi de gestion de projet
Abby est une plateforme agréée et propose une offre de facturation gratuite. L’outil ajoute des projets, des tâches, un suivi du temps et plus d’un millier d’intégrations, ce qui remplace le duo classique Clockify d’un côté, logiciel de facturation de l’autre.
Une nuance change le calcul et elle est bien cachée dans la grille tarifaire. Le suivi du temps et les tableaux de suivi sont plafonnés sur les offres Basique et Start, et deviennent illimités seulement à partir de l’offre Pro, à 15 € HT par mois hors promotion. Les factures récurrentes apparaissent au même palier. Les factures en langues et devises étrangères, elles, n’arrivent qu’avec l’offre Business à 33 € HT par mois.
Autrement dit, un consultant SEO qui gère cinq comptes et veut vraiment tracker son temps sortira de la gratuité assez vite. Ce qui reste cohérent si l’outil remplace deux abonnements.
Qonto, quand le sujet n’est plus de facturer mais d’encaisser
Prenez un portefeuille classique de traffic manager : SEO chez A pour 900 €, Google Ads chez B pour 600 €, SEO chez C pour 1 200 €, newsletter chez D pour 500 €. Votre problème n’est pas de fabriquer quatre factures. Il est de faire rentrer 3 200 € tous les 5 du mois sans relancer personne.
Qonto génère des factures récurrentes en fréquence hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle, annuelle ou personnalisée, et permet d’y adosser un prélèvement SEPA automatique une fois le mandat signé par le client. Les montants peuvent ensuite varier sans nouvelle signature. Facture, prélèvement et rapprochement deviennent un flux quasi continu.
Qonto porte le numéro d’immatriculation 23 sur la liste officielle, et son offre de facturation s’utilise sans ouvrir de compte bancaire chez eux. Deux réserves. Son module d’e-reporting était encore annoncé en bêta mi-2026, à vérifier si vous facturez beaucoup hors de France. Et si votre compte pro est déjà chez Qonto, payer en plus un Freebe fait aujourd’hui doublon sur une bonne partie du périmètre.
Indy, la conformité gratuite sans arrière-pensée
Indy est une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP, et son offre Essentiel à 0 € comprend déjà la facturation électronique, les devis et factures illimités, le rapprochement bancaire et la comptabilité automatisée. Pour quelqu’un qui envoie huit lignes du type « Accompagnement SEO, août 2026, 1 000 € », c’est suffisant.
L’offre Plus démarre à 9 € HT par mois en annuel (108 € HT), ou 12 € HT en mensuel, et ajoute la signature électronique des devis, les relances automatiques d’impayés, les factures récurrentes et le suivi des seuils. Indy gère aussi les frais de débours, ce qui n’a rien d’anecdotique pour un profil Ads, comme la suite le montre.
Ce qu’Indy n’apporte pas, c’est la lecture métier de Freebe ou d’Abby sur le temps passé par mission.
Pennylane, à partir du moment où vous ressemblez à une agence
La grille indépendants démarre à 14 € HT par mois pour le plan Basique, et l’offre Essentiel à 24 € HT par mois ouvre l’API, les intégrations, les relances automatiques et les tableaux de bord de trésorerie. Le plan Premium à 79 € HT ajoute le module comptable complet.
C’est pertinent avec une SASU, une dizaine d’abonnements SaaS à ventiler, un expert-comptable dans la boucle et parfois des sous-traitants. Surdimensionné pour huit factures par mois.
Tiime mérite d’être cité au même titre, avec une plateforme agréée gratuite et crédible pour la conformité pure. Elle apporte simplement moins de différenciation métier que Freebe ou Abby sur le pilotage des missions.
Le budget publicitaire refacturé, le vrai piège du traffic manager
Voilà le point qui pèse le plus lourd en webmarketing, et il n’a rien à voir avec le choix du logiciel.
Si vous avancez 3 000 € de Google Ads par mois pour un client et que vous les refacturez à votre nom, ces 36 000 € annuels entrent dans votre chiffre d’affaires. Avec 30 000 € d’honoraires à côté, vous affichez 66 000 € : au-delà du seuil de franchise en base de TVA pour les prestations de services, fixé à 37 500 € en 2026 (41 250 € en seuil majoré), et déjà bien engagé sur le plafond micro de 83 600 € applicable pour la période 2026-2028. Vos cotisations sociales, elles, sont calculées sur le total.
Le régime des débours, prévu à l’article 267 II-2° du CGI, permet d’exclure ces sommes de votre chiffre d’affaires. Quatre conditions cumulatives, et il suffit d’en manquer une pour que la dépense soit requalifiée :
- un mandat écrit du client, signé avant l’engagement de la dépense, précisant la nature des achats autorisés et le budget maximum
- une facture fournisseur établie au nom du client, avec ses coordonnées
- un remboursement à l’euro près, sans marge
- la conservation des justificatifs
La condition qui coince en publicité digitale est la deuxième. Si le compte publicitaire est logé sous votre MCC et que Google ou Meta vous facturent, vous, la facture porte votre nom. Ce n’est plus un débours, c’est du chiffre d’affaires.
D’où le réflexe le plus rentable du métier, et il ne coûte rien : faites payer Google Ads et Meta directement par le client, sur son propre compte publicitaire et sa propre carte. Votre outil de facturation ne sert alors qu’à facturer vos honoraires de gestion. Le workflow devient propre, votre chiffre d’affaires redevient lisible, et à partir de septembre 2027 ces montants ne transiteront pas inutilement par votre plateforme agréée sous les yeux de l’administration.
Malt et les plateformes de missions, vérifiez l’autofacturation avant de payer
Beaucoup de missions SEO, SEA et social ads passent par Malt, Comet ou Crème de la Crème. Le mécanisme y est particulier et toutes les plateformes agréées ne le gèrent pas.
Sur Malt, vous confiez un mandat et c’est Malt qui émet la facture en votre nom. Techniquement, la plateforme pratique l’autofacturation, référencée comme cas 19B dans les travaux AFNOR, au format UBL, via sa propre plateforme agréée. Conséquence pratique : la facture vous revient et doit être classée dans vos factures clients, pas dans vos factures fournisseurs.
Votre plateforme agréée doit donc savoir accueillir ce cas sans le rejeter ni le ranger au mauvais endroit. Qonto communique sur une prise en charge native. Dans la documentation de Malt de mi-2026, la fonction d’autofacturation était encore annoncée comme à venir pour septembre 2026 chez Indy et chez Tiime. C’est une question à poser directement au support avant de souscrire si une part significative de votre activité passe par ces plateformes.
Attention à ne pas surinterpréter : la conformité de Malt ne couvre que les missions passées par Malt. Le client fidèle que vous facturez en direct relève de votre propre plateforme agréée.
Clients étrangers : pas de facture électronique française, mais de l’e-reporting
Les clients étrangers sont courants en webmarketing, entre agences européennes et SaaS américains. Ces transactions sortent du périmètre de l’e-invoicing : la réforme ne couvre que le B2B domestique entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA.
Elles basculent dans l’e-reporting, avec transmission facture par facture pour le B2B international, via votre plateforme agréée, à partir du 1er septembre 2027 pour une TPE ou une micro-entreprise. Un freelance qui ne travaillerait qu’avec des clients étrangers reste donc concerné, même sans aucune facture électronique française à émettre.
Deux points opérationnels à ne pas rater. Pour les prestations B2B intracommunautaires, le numéro de TVA intracommunautaire du client conditionne l’autoliquidation, et vous devez posséder le vôtre même en franchise en base. Et si vous facturez en dollars ou en livres, vérifiez le palier tarifaire : chez Abby, la gestion des devises et langues étrangères n’est ouverte qu’à l’offre Business.
Les quatre scénarios à tester avant de payer un abonnement
Les périodes d’essai existent partout, entre 14 et 30 jours selon les éditeurs. Utilisez-les pour rejouer vos propres cas, pas pour admirer l’interface.
- Le forfait mensuel récurrent. Créez « Accompagnement SEO, septembre 2026, 1 000 € » et programmez-le sur douze mois. Regardez si l’outil l’envoie seul et s’il sait l’encaisser seul.
- L’audit avec acompte. 1 500 €, 50 % à la commande, solde à la livraison. La facture d’acompte puis la facture de solde doivent s’enchaîner sans recalcul manuel.
- La prestation au TJM. 600 € par jour sur trois jours, avec le temps réellement passé en face. C’est ce test qui départage Freebe et Abby des autres.
- Le client étranger. Une facture en euros hors de France, une en devise si vous êtes concerné, et le traitement de l’e-reporting associé.
Ajoutez un cinquième test si vous êtes sur Malt : envoyez-vous une autofacture et regardez où elle atterrit.
Mon classement, pour ce métier précis. Freebe si vous êtes consultant SEO ou SEA en solo et que la rentabilité par mission vous intéresse davantage que la comptabilité. Abby si vous voulez un seul outil pour facturer, suivre vos projets et chronométrer, en acceptant de monter à l’offre Pro. Qonto si votre activité repose sur des forfaits mensuels et plus encore si votre compte pro y est déjà. Indy si votre priorité est de payer le moins possible pour être conforme et bien accompagné côté déclarations. Pennylane quand la structure devient une petite agence.
Questions fréquentes
Un freelance en franchise en base de TVA est-il concerné ?
Oui. Le critère n’est pas de collecter la TVA mais d’être assujetti au sens fiscal, ce qui est le cas d’un micro-entrepreneur en franchise. La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » reste obligatoire sur vos factures, et la réforme s’applique de la même façon.
Puis-je continuer à envoyer un PDF par email à mes clients ?
Pour un client professionnel établi en France, non, à partir de votre échéance d’émission, soit le 1er septembre 2027 pour une TPE ou une micro-entreprise. La facture devra être produite dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une plateforme agréée. Pour un client particulier ou étranger, la facture reste libre de format, mais les données remontent en e-reporting.
Dois-je m’inscrire moi-même dans l’annuaire central ?
Non, l’inscription passe obligatoirement par la plateforme agréée que vous choisissez. Elle enregistre votre SIREN et vous attribue une adresse de réception. Vérifiez simplement que vos informations légales sont à jour avant l’enregistrement, car une ligne d’adressage mal configurée bloque le routage des factures entrantes sans alerte côté émetteur.
Mes devis et mes CGV sont-ils concernés par la réforme ?
Non. La réforme porte sur les factures, leur format et leur canal de transmission. Vos devis restent au format que vous voulez, et vos conditions générales n’ont pas à être réécrites pour cette seule raison.
Puis-je changer de plateforme agréée si mon choix ne me convient plus ?
Oui. La loi de finances 2026 impose une période de portabilité d’au moins douze mois. En pratique, la bascule prend la forme d’une demande de portabilité entre opérateurs, initiée par la plateforme d’arrivée. Mieux vaut ne pas lancer cette démarche à quelques jours d’une échéance.